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Un « choke point » — en français point de passage obligé (P.P.O.) ou goulet d’étranglement — désigne un passage maritime stratégique, en anglais « choke point » est un passage stratégique en matière de transport maritime, correspondant le plus souvent à un détroit, un canal, ou parfois un cap, par lequel les navires n’ont pratiquement pas d’alternative viable pour relier deux bassins maritimes sans subir un détour considérable. Le terme vient de l’anglais choke, « étouffer, étrangler », d’où l’image du verrou ou de l’étranglement des flux.

Ces passages combinent souvent une contrainte physique (largeur, profondeur — d’où les suffixes comme panamax ou suezmax limitant la taille des navires pouvant transiter) et une contrainte géopolitique, puisqu’ils sont situés dans ou à proximité des eaux territoriales d’États riverains qui peuvent chercher à en tirer un levier de puissance.

On distingue une douzaine de chokepoints de rang mondial : neuf grands détroits (Ormuz, Malacca, Bab-el-Mandeb, Gibraltar, Bosphore, Pas-de-Calais, Détroit de Taïwan, Øresund, Magellan), un grand cap (Bonne-Espérance) et deux canaux (Suez, Panama). En volume de trafic, Malacca arrive en tête avec 18,5 % des flux totaux, suivi du détroit de Taïwan (18 %).

Les tensions géopolitiques dans les détroits stratégiques

Le principe juridique de base est fixé par la Convention de Montego Bay (UNCLOS) : elle garantit un droit de transit ininterrompu dans les détroits internationaux, un principe qui s’applique même en temps de guerre et qui interdit en théorie toute taxation ou sélection des navires par les États riverains. Mais dans la pratique, plusieurs foyers de tension illustrent la fragilité de ce système :

Ce qui rend ces zones si sensibles

Trois logiques se combinent : une vulnérabilité structurelle (peu d’alternatives géographiques), une capacité de coercition indirecte pour l’État riverain (fermeture, taxation, harcèlement de navires), et des effets systémiques immédiats sur les marchés — hausse des primes d’assurance, volatilité du prix de l’énergie, réorganisation des routes commerciales. Les chercheurs parlent désormais de ces détroits non plus seulement comme des points de passage, mais comme des nœuds d’interdépendance susceptibles d’être instrumentalisés dans des stratégies de conflictualité « infra-seuil » (en dessous du seuil de la guerre ouverte).

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 31%

des opérateurs victimes en 2024 (vs 17% en 2023)

+ 70%

de cyberattaques portuaires en 2022

1/5

des compagnies maritimes attaquées ces 2 ans

PRINCIPALES MENACES

Modéré

  • La numérisation croissante des vecteurs maritime et des opérations portuaires expose les chaînes logistiques maritimes, terrestres et fluviales à des risques de déni de service, de prise de contrôle à distance et de fuite de données issues de l’écosystème portuaire.  

Élevé

  • Cyber attaques étatiques sur infrastructures critiques (systèmes SCADA portuaires, …)
  • Vulnérabilité des câbles sous-marins où 99% des données numériques mondiales (internet, ordres financiers, … ) transitent au fond des océans.

Critique

  • Paralysie complète des opérations portuaires par le chiffrement des connées via des rançongiciels  (Maersk 2017, ports de Lisbonne (2022) et de Nagoya (2023))
  • Falsification et usurpation des signaux de positionnement de la navigation maritime (« AIS spoofing ou jamming») : enjeux de sécurité (risque d’abordage ou de collision) et de sûreté (couverture de trafics illicites…)

  •  

« Un navire connecté est un navire exposé.

La cyberrésilience maritime ne relève plus de l’option — c’est une condition de continuité d’activité. »